Pour accéder à l’abécédaire illustré, aux interviews des chercheurs, aux adresses des musées et sites web... Jusque dans les années 50, le jade* semblait si rare en Amérique centrale que certains affirmaient que les Mayas tiraient leurs magnifiques objets de blocs venus de Chine ! C’est l’époque où l’on pensait que les pyramides mayas ne cachaient pas de tombeaux… Deux idées qui, depuis, ont volé en éclats. La première surprise est venue du Temple des Inscriptions, à Palenque (Mexique). Quand, en 1952, l’archéologue mexicain Alberto Ruz Lhuillier, inspectant plus avant le temple qui coiffe la pyramide, eut la curiosité de soulever une dalle « pas comme les autres » avec sa double rangée de perforations obturées chacune par un tampon de pierre…  L’escalier qui se trouvait en-dessous allait le conduire, après trois ans de dégagement, à découvrir l’extraordinaire sarcophage et les restes de Pacal le Grand, enduits de poudre de cinabre, poudre rouge sang sur laquelle ressortait le vert éclatant du jade. Celui de toutes les pierreries qui accompagnaient le souverain dont son masque en mosaïque de jade, malheureusement défait… La seconde partie du XXe siècle a également permis de retrouver les lieux d’où provenaient, pour l’essentiel, les jades mayas, à savoir les rives du rio Motagua, au Guatemala. L’engouement des conquistadors pour l’or et l’argent a fait tomber ces carrières dans l’oubli. Les écrits de Bernardino de Sahagún (1500-1590) témoignaient, heureusement, de l’existence en Mésoamérique de telles sources d’approvisionnement. Et des étonnantes propriétés du matériau. Le plus précieux de tous** pour les Mayas. Dans son Histoire Générale des Choses de la Nouvelle Espagne (chapitre VIII, livre XI), le père franciscain rapporte comment ils repéraient les blocs de jade, parmi toutes les autres pierres, grâce à la petite vapeur qui s’en échappait, aux gouttelettes d’humidité qui les recouvraient… Ainsi, outre ses différentes tonalités de vert, le jade faisait bien plus qu’évoquer l’eau et la fertilité, il symbolisait le souffle vital. Il était la vie même, en concentré. L’assurance de la renaissance et de l’immortalité pour le défunt - divinisé - qui en était paré. D’où la grande attention portée à la réalisation du masque et à la reproduction - la plus fidèle possible - des traits du souverain. Pour cela, les Mayas composaient une mosaïque en ajoutant à nombre de fragments de jade -  travail de longue haleine en regard de la dureté de cette gemme (6,5 – 7  sur l’échelle de Mohs) – différentes pièces faites de coquillages, d’escargots marins, d’obsidienne et d’hématite. Un ensemble exceptionnel Jusqu’au 10 juin prochain, la Pinacothèque de Paris poursuit son exploration des cultures précolombiennes en présentant quelques-uns*** des masques funéraires des gouverneurs les plus prestigieux des anciennes cités mayas : Calakmul, Oxkintok, Dzibanché, La Rovirosa… Un ensemble exceptionnel de la période classique maya (250 à 900 apr.J.-C.), restauré par d’éminents spécialistes sous la direction de Sofia Martinez del Campo Lanz, experte renommée et commissaire de l’exposition. Le Mexique n’a pas fait qu’accepter de porter ces masques hors de ses frontières. Ils sont accompagnés d’une centaine d’œuvres (colliers, boucles d’oreilles, pectoral, bracelets, céramiques, etc), dont certains mises en contexte, c’est-à-dire situées à l’exact place qu’elles occupaient, par rapport au masque, au sein du trousseau funéraire. *Il s’agit plus précisément de jadéite **Y compris de l’or **Sur la quinzaine retrouvée à ce jour Les masques de jade mayas Masque funéraire avec une coiffe d’oiseau et des boucles d’oreilles Tombe I, structure III, Calakmul, Campeche. Classique ancien, 375-450 apr. J.-C. Mosaïque de jade, Pinctada mazatlanica, Spondyle princeps et Spondylus calcifer. Masque : 20,35 x 14,3 cm coiffe : 10,1 x 9,7 cm, boucles : 7,9 x 7,5 cm. Musée Fuerte de San Miguel, Campeche.    Masque funéraire en mosaique de jade Tombe I, structure VII, Calakmul, Campeche, Classique tardif, 660-750 apr.J.-C. Mosaïque de jade, Spondylus princeps, Pinctada mazalanica et obsidienne grise. 36,7 x 23 x 8 cm. Musée d’Architecture maya, Fuerte de la Soledad, Campeche. ©Martirene Alcantara/INAH ©Martirene Alcantara/INAH Vase tétrapode Tombe I, structure III, Calakmul, Campeche, Classique ancien, 375-450 apr. J;-C. Céramique à engobe noir et décor gravé 36,5 x 22,7 cm Musée national d’Anthropologie, Mexico ©Martirene Alcantara/INAH          La Pinacothèque de Paris fait découvrir les fidèles visages de pierre                                           de hauts dignitaires mayas  EXPOSITION Pour en savoir beaucoup plus Connaissance des Arts. H.S. n° 41  Masques de Jade Mayas Catalogue de l’exposition. Les Masques de Jades maya. Sofia Martinez del Campo Lanz, Marc Restellini. Format ; 24,5 x 28,5 cm relié