Les anciens Mayas  n’ont jamais prédit la fin du monde pour 2012. Mais si l’on met en correspondance les calendriers, il est vrai qu’ils fixaient au 21 (ou 23) décembre 2012, le terme de leur « Compte Long». Un cycle de 5125 ans qui, toujours selon les Mayas, avait débuté le 11 (ou 13)  août  3114 avant J.-C. Les chercheurs ont longtemps pensé que cette date correspondait à celle de la création du monde. Ils penchent plutôt, désormais, pour une célébration : celle de la rénovation d’un grand feu cosmique. A entendre les Mayas d’aujourd’hui, 2012 ne marque pas l’avènement d’une catastrophe, mais la venue sur Terre d’une déité... Voilà qui ne doit pas surprendre. En dépit de la conquête espagnole, les Mayas n’ont pas cessé de célébrer les héros de leur panthéon ainsi que leurs traditions. Une brillante histoire que l’exposition du musée du Quai Branly  « Maya, de l’aube au crépuscule » fait ressurgir et  découvrir avec bonheur - jusqu’au 2 octobre 2011 - à travers 162 objets sélectionnés (dont 9  illustrés ci-contre) au sein des collections nationales du Guatemala. Un des pays constitutifs de l’aire des anciens Mayas auxquels s’ajoutaient le Belize, cinq états de l’actuel Mexique (Yucatan, Quintana Roo, Campeche, Chiapas, Tabasco) et les parties occidentales du Honduras et du Salvador. Le Préclassique ou l’aube de la civilisation maya Au Guatemala, l’histoire prestigieuse des Mayas débute au Préclassique avec l’apparition de grandes structures monumentales. Un foisonnement de temples et de pyramides dont la construction exige une main d’œuvre considérable et, tout autant, une organisation sociale et politique sans faille. Dans les Hautes Terres, la cité d’El Mirador (300 av. – 150 apr. J.-C), qui devait rassembler jusqu’à 100 000 habitants focalise, depuis plus de 20 ans, toutes les attentions. Car les archéologues continuent d’y faire des découvertes exceptionnelles. Tel ce réseau routier long de plusieurs dizaines de kilomètres et recouvert - comme tous les édifices alentours - d’une couche de chaux (l’obtention d’une tonne de chaux nécessitait de brûler 5 tonnes de bois vert !). Ou ce mur d’enceinte de 20 mètres de haut qui protégeait la cité des assauts ennemis... sur 4 km ! Ou encore ce gigantesque édifice, hier partie d’un “complexe triangulaire” et dont le temple-pyramide central détrône tous les autres en Amérique par sa hauteur (72 m) et son volume : 3 millions de m3. La déforestation a-t-elle eu raison de l’audace des Mayas ? Le fait est que le site d’El Mirador a été abandonné en 150 apr. J.-C. Fait tout aussi marquant, l’émergence des premiers grands centres cérémoniels s’est accompagnée d’un développement considérable des arts et, en particulier, de la calligraphie. La découverte de la fresque de San Bartolo confirme que c’est bien au Préclassique qu’est né le système d’écriture maya. Les plus anciens glyphes retrouvés à ce jour figurent sur cette fresque qui retrace, par ailleurs, le mythe de la création du monde et l’histoire du dieu du maïs tel que le raconte le Popol Vuh.  La « Bible américaine » retrouvée au XVIIe siècle et dont on croyait le récit travesti par la Conquête espagnole, alors que ce dernier a  traversé les siècles. Le Classique ou l’apogée  La période suivante, dite Classique (250 à 1000 apr. J.-C) s’accompagne de fructueux échanges avec la civilisation de Teotihuacan. Il en ressort un développement considérable, notamment dans le domaine artistique. C’est à cette époque de grande créativité – considérée comme l’apogée de l’art maya - que s’affine encore l’écriture et qu’apparaissent les premiers vases codex. D’élégantes céramiques peintes de diverses scènes issues de la mythologie ou de la cosmologie maya. Les grands centres que sont Tikal et Calakmul sont les plus influents de la période. Étrangement, les cités maya vont disparaître progressivement entre 750 et 1050 de notre ère. Pour quelle(s) raison(s) ? Peut-être à cause des catastrophes écologiques, des famines et /ou des conflits récurrents entre cités-États. Car voilà : loin d’être pacifiques - comme on le supposait jusqu’à la découverte des fresques de Bonampak qui célèbrent une victoire via des sacrifices sanglants -  les mayas étaient perpétuellement en guerre. Le Postclassique ou le crépuscule Les cinq siècles qui vont suivre sont marqués par une intensification des conflits. Fossés et murailles protègent mieux encore qu’hier les cités. Aux alliances provisoires qui assurent un temps la victoire succèdent les défaites et l’exode des populations. Pour finir, la société maya éclate en une infinité de petits fiefs indépendants. Les Espagnols sauront en tirer parti en jouant des divisions. Pour autant, et malgré tous leurs efforts pour « extirper l’idolâtrie », les conquérants ne parviendront jamais à réduire la religion maya. Voir les liens étroits qu’elle tisse encore aujourd’hui avec 55 % de la population guatémaltèque pour qui les premiers pères et mères ont été façonnés dans de la pâte de maïs. MAYA de l’aube au crépuscule A propos de l’exposition du musée du Quai Branly Préclassique Classique Postclassique     Un art, trois périodes 1 2 3 4 5 6 7 8 9 1. Urne anthropomorphe. La Lagunita. Hautes Terres, Guatemala.     Céramique. Préclassique récent (400 av. J.-C. - 100 apr.J.-C.) © 2. Urne effigie anthropomorphe. La Lagunita. Hautes Terres, Guatemala Céramique. Préclassique récent (400 av. J.-C. - 100 apr.J.-C.) 3. Plat à supports mammiformes. Tikal. Basses Terres, Guatemala     Céramique. Préclassique final (100 - 250 apr. J.-C.) 4. Ecuelle polychrome à couvercle avec poignée tête de jaguar. Tikal. Basses Terres, Guatemala.     Céramique. Classique ancien (250 - 550 apr. J.-C.) 5. Vase tétrapode polychrome à motifs glyphiques avec couvercle. Tikal. Basses Terres, Guatemala.     Céramique. Classique ancien (250 - 550 apr. J.-C.) 6. Sifflet représentant un personnage réhaussé d’une riche polychromie. Nébaj. Hautes Terres, Guatemala.     Céramique. Classique récent (550 - 800 apr. J.-C.) 7. Urne zoomorphe à supports, modelé et peinte. Nebaj. Hautes Terres, Guatemala     Céramique. Postclassique ancien (1000 - 1250 apr. J.-C.) 8. Urne funéraire à décor peint (anthropomorphe) et modelé (petit jaguar assis). Q’um’arcaj.     Hautes Terres, Guatemala. Céramique. Postclassique (1000 - 1524 apr. J.-C.) 9. Grand encensoir subcylindrique à couvercle représentatio un jaguar.  San Andrès Sabcabaja.     Hautes Terres, Guatemala, Céramique. Postclassique (1000 - 1524 apr. J.-C.)     Pour en savoir plus Voir l’exposition MAYA de l’aube au crépuscule jusqu’au 2 octobre 2011. Ou se reporter au catalogue de l’exposition 200 pages 230 illustrations Juin 2011 Coédition Somogy / Musée du quai Branly Photos : Ricky Lopez Bruni (Ymago/ Musée du Quai Branly) © Photo Ricky Lopez Bruni © Photo Ricky Lopez Bruni © Photo Ricky Lopez Bruni © Photo Ricky Lopez Bruni         © Photo Ricky Lopez Bruni         © Photo Ricky Lopez Bruni         © Photo Ricky Lopez Bruni © Photo Ricky Lopez Bruni © Photo Ricky Lopez Bruni Pour accéder à l’abécédaire illustré, aux interviews des chercheurs, aux adresses des musées et sites web...